Jusqu'au 21 février 2027, le musée d'Art et d'histoire de Meudon consacre une exposition à Albert Lebourg. Une soixantaine d'oeuvres y sont présentées, dont certaines consacrées à Meudon.
Lorsque l'on pense à l'impressionnisme, les noms de Claude Monet, Pierre-Auguste Renoir ou encore Camille Pissarro viennent immédiatement en tête. Pourtant, au milieu de ces artistes prestigieux, figure un homme que l'histoire a un peu oublié : Albert Lebourg.
Une absence injustifiée, alors que le Normand fut de son temps, un peintre reconnu.

Né en 1849 à Montfort-sur-Risle, dans l'Eure, Lebourg entre à l'académie de peinture de Rouen en 1866. Venu y apprendre le dessin d'architecture, il se tourne finalement vers la peinture. En 1872, il part pour l'Algérie, après avoir accepté un poste à la Société des Beaux-Arts d'Alger. Là-bas, il rencontre le peintre Jean Seignemartin, qui aura sur lui une grande influence. Les paysages algériens toucheront aussi beaucoup le peintre. Très marqué par la lumière, il représentera une multitude de vues d'Alger, dont certaines consacrées à la vie quotidienne des habitants.
Rentré en France, il s'impose peu à peu comme un visage familier de la peinture française : en 1879, il expose à la 4e exposition des Artistes indépendants à Paris. Il y rencontre de nombreux artistes appelés à devenir de grands noms de l'impressionnisme : Gustave Caillebotte, Edgar Degas ou Claude Monet.
De Rouen à Paris, en passant par Meudon
À son retour d'Alger, Albert Lebourg s'installe à Paris. La capitale sera pour lui une autre source d'inspiration. Parmi ses nombreux sujets figure Notre-Dame de Paris, qu'il représente à de multiples occasions.

Notre-Dame sous la neige, huile sur toile, 1895 (Albert Lebourg, Musée des Beaux-Arts de Rouen)
Mais Albert Lebourg ne se contente pas de reproduire : Tout au long de sa vie, l'artiste s'amusera à jouer avec les couleurs.

Plutôt sombres à ses débuts, elles s'éclaircissent en Algérie, puis évolueront progressivement vers des tons plus chatoyants. Ce qui ne l'empêchera pas de réaliser de nombreux paysages d'hiver. Un exercice qu'il apprécie, bien qu'il ne soit pas des plus aisés.
« C'est un temps de gris, il y a un peu de neige ; ça a, je crois, un grand caractère, mais c'est raide comme valeur », reconnaîtra-t-il.
Outre la cathédrale, le peintre se plaît aussi à reproduire les bords de Seine. Rapidement, l'île Seguin, Issy-les-Moulineaux ou encore le Bas-Meudon deviennent ses lieux de prédilection. Comme tous les impressionnistes, il apprécie particulièrement leurs variations lumineuses au gré des saisons.

Vue de la Seine au Bas-Meudon, 1893 (Albert Lebourg) (Musée de Sceaux)
« J'ai connu le paysage de la banlieue parisienne dans une belle période », dira-t-il d'ailleurs.
Un artiste voyageur, qu'une hémiplégie survenue à la fin de sa vie laissera cantonné derrière une fenêtre. Lorsqu'il s'éteint en 1928, Albert Lebourg laisse derrière lui une oeuvre importante, mais malheureusement occultée par d'autres noms de l'impressionnisme.
Benjamin Volant
Informations pratiques :
Musée d'Art et d'Histoire de Meudon
11, rue des Pierres, 92190 Meudon
Ouverture du mardi au dimanche, de 14h à 18h
L'entrée est libre et gratuite.
