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La mode internationale défile sous le signe de la diversité

À l’occasion de la Fashion Week parisienne, Trailblazer Queen Productions a réuni, à la Galerie Bourbon, des créateurs, mannequins et artistes venus de plusieurs continents. Une rencontre placée sous le signe de la création, du dialogue entre les cultures et de la mise en lumière des talents émergents.

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Dr. Meenakshi Ravi, fondatrice de Trailblazer Queen Productions, vêtue par Enoka Fonseca (photo : Stéphane Zion)

À quelques pas des Champs-Élysées, le décor prestigieux de la Galerie Bourbon a accueilli un défilé mêlant haute couture, créations contemporaines, bijoux, musique et performances artistiques. Pour sa deuxième année à Paris, la docteure Meenakshi Ravi, fondatrice de Trailblazer Queen Productions, a souhaité proposer bien davantage qu’une succession de silhouettes sur un podium. L’événement a été pensé comme un lieu de rencontre entre des parcours, des cultures et des disciplines artistiques différentes.


« Ce n’est pas juste un espace de défilé où l’on vient montrer quelque chose. C’est bien au-delà de cela », explique-t-elle dans l’entretien accordé à Radio Nanterre Grand Paris Ouest. Son ambition est d’offrir une plateforme internationale aux créateurs émergents, mais aussi de raconter les histoires humaines qui se cachent derrière chaque collection. Elle rappelle le temps nécessaire pour imaginer un univers, préparer les vêtements, construire les passages et coordonner les équipes : « C’est de la détermination, de la persévérance, de la discipline, de la passion et de l’amour. »

Cette volonté de révéler la personnalité de chaque designer se retrouvait dans la diversité des collections. Enoka Fonseka s’est particulièrement distinguée avec un univers spectaculaire dans lequel les robes, les accessoires floraux, les coiffures et la mise en scène composent des silhouettes complètes. Originaire du Sri Lanka et formée à la mode à Paris, elle envisage le podium comme un espace narratif. Ses créations ne se limitent pas au vêtement : elles construisent un personnage, une allure et une présence. Les fleurs réalisées à la main, les volumes généreux et la précision des détails donnent à ses passages une dimension théâtrale.

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Mannequin vêtue par Enoka Fonseka (photo : Stéphane Zion)

Maria Krangel, fondatrice de Precious Pearls, a proposé une couture féminine fondée sur les volumes sculpturaux et le mouvement. Créatrice colombienne installée à Los Angeles, elle développe des silhouettes architecturales dans lesquelles les matières accompagnent le corps sans perdre leur force visuelle. Son expérience du costume et du stylisme se retrouve dans la construction des pièces, dans le travail des proportions et dans la manière dont chaque tenue se transforme lorsqu’elle avance sur le podium.

Kwame Koranteng a, de son côté, fait dialoguer deux traditions. Né au Ghana et installé à Londres, il associe la précision du tailoring britannique à des références issues de son héritage culturel africain. Ses costumes sur mesure, destinés aux femmes comme aux hommes, reposent sur des coupes structurées et une grande attention portée aux finitions. Son travail montre comment le costume classique peut évoluer, accueillir d’autres couleurs et d’autres influences, tout en conservant l’exigence technique associée au savoir-faire londonien.

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Mannequin habillé par Kwame Koranteng (Photo : Stéphane Zion)

Pour la clôture, Dem Dillon a déplacé le défilé vers le territoire de la performance. Artiste et designer français aux influences martiniquaises et béninoises, il travaille à la croisée de la mode, de la sculpture, du street art et du numérique. Ses pièces, souvent uniques ou produites en séries limitées, jouent avec les formes du corps et les références à la sculpture. Son imaginaire mêle traditions artistiques, culture urbaine et science-fiction. Cette intervention finale a donné au vêtement une dimension d’œuvre en mouvement.

D’autres maisons ont complété ce panorama international. Gilson.V Couture, créée en Belgique par Valérie Gilson, défend une approche artisanale du sur-mesure. Forte de plus de trente ans d’expérience, la styliste réalise notamment des robes de mariée et des pièces uniques. Son travail d’upcycling, qui transforme entre autres des vêtements masculins existants, rappelle que la création peut aussi prolonger la vie des matières et proposer une alternative au gaspillage.

Mariane laIsashi a présenté un savoir-faire lié à la robe de mariée et à la tenue de cérémonie. Dentelles, broderies, finitions manuelles et adaptation aux différentes silhouettes occupent une place centrale dans son travail. Sima Collezione explore également l’univers de la robe du soir, dans une esthétique inspirée par l’élégance italienne. Fondée à Beverly Hills par Sima Azadegan après une première carrière dans la musique et l’action philanthropique, la maison associe soie, cristaux et ornements précieux. Son parcours porte aussi un message : il n’est jamais trop tard pour commencer une nouvelle aventure artistique.

Sania Malik Creation et Ora Art Jewelry ont fait dialoguer vêtement et bijou. Les créations de Sania Malik s’appuient sur l’héritage culturel, les traditions et la résilience, avec l’idée qu’une tenue peut transmettre une mémoire. Fondée en Californie par Saher Himmati, Ora Art Jewelry conçoit quant à elle le bijou comme une petite sculpture portée sur le corps. Les perles, les pierres colorées et les motifs traditionnels prolongent les vêtements et renforcent l’identité de chaque silhouette.

ShriJilmist Collection, portée par Shraddha Khare et Jinal Trivedi, a mis en avant la robe du soir, les tissus haut de gamme et les finitions réalisées à la main. Meka Femme s’est inscrite dans une mode féminine contemporaine, tandis que KISS My SWAG Fashion, fondée par Kisonah, a présenté le vêtement comme une affirmation de confiance et d’individualité. Marymagdalene figurait également au programme, aux côtés de ces maisons émergentes réunies autour d’une même volonté : se faire connaître sans renoncer à leur identité.

Malgré la diversité des origines et des esthétiques, plusieurs lignes communes se sont dégagées : l’importance du sur-mesure, la défense des savoir-faire artisanaux, la place de la culture dans la création et la recherche d’une mode capable de renforcer la confiance en soi. Certaines collections ont privilégié la fluidité et la cérémonie ; d’autres ont mis en avant la structure du costume, la puissance des accessoires ou la dimension artistique du vêtement. Cette variété a donné au défilé son rythme et sa richesse.

Les prestations de Chase Bell, Messina et Isabelle Dubroy ont accompagné les différents passages et contribué à l’atmosphère de la soirée. Les artistes portaient des tenues fournies par Ekaterina Cherkasova, fondatrice de Minerva Paris Design. Ces créations ont participé à l’identité visuelle des performances musicales et au lien entre la scène et le podium. La présence des artistes a permis d’alterner les séquences de mode avec des moments musicaux, donnant à l’ensemble la forme d’un spectacle complet.

Autour des créateurs et des interprètes, les équipes de maquillage, de coiffure, de beauté, de régie et de production ont joué un rôle essentiel. Leur travail, souvent invisible pour le public, a assuré la continuité des passages, la préparation des mannequins et la cohérence de chaque univers. Dans les salons de la Galerie Bourbon, le décor, les lumières, la musique et les déplacements ont contribué à mettre les collections en valeur sans effacer la singularité de leurs auteurs.

Plus qu’un simple rendez-vous de mode, cette soirée a montré comment un défilé peut devenir un langage commun entre les cultures, les artistes et le public. La vision portée par Meenakshi Ravi et Trailblazer Queen Productions consiste à donner une scène à des talents parfois encore peu connus, tout en rappelant la somme de travail dissimulée derrière quelques minutes de passage. À la Galerie Bourbon, chaque silhouette racontait ainsi un parcours, un héritage et une ambition. La réussite de l’événement se mesurait autant à la diversité des propositions qu’à l’émotion et au souvenir laissés au public.

Anna Massoulier

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